Vous en voulez beaucoup à cette pauvre anonyme ce jour,
Et son malheur est grand de voir que chaque jour
Vous autres, mauvais esprits, vous déclamiez contre elle,
Que de tous vos chagrins vous lui fassiez querelle,
Et, si son bon goût lui faisait son procès,
N'accusez qu'elle seule de vos méchants succès,
C'est le signe d'une décadence annoncée,
Et une course vertigineuse vers une défaite avancée.
Alors qu'elle n'a pas encore atteint son apogée,
Vous n'avez cessé de la destabiliser par vos projets,
Projets machiavéliques, cyniques et iniques,
Elle a beau avoir peur parce qu'elle panique,
Mais elle résistera toujours de toutes ses forces,
Car elle en a abondamment, de par son audace.
En vérité anonyme, je te suis ravi,
Et au départ, je ne pensais pas que ta philosophie,
Fût-elle si belle, d'instruire ainsi les gens
A porter constamment de pareils accidents.
Cette fermeté d'âme à toi si singulière,
Qui mérite qu'on lui donne une illustre matière,
Est digne de trouver qui prenne avec amour
Les soins continuels de la mettre en son jour,
Et comme, à dire vrai, j'oserais si possible, me croire
Bien propre à te donner tout l'éclat de ta gloire.

